« Info Palestine » de Mars 2021

Revue de Presse Mars 2021

Presse, courriels et déclarations

2 mars : Les ONG israéliennes Breaking the Silence, Yesh Din et Physicians for Human Rights-Israel publient un rapport sur les intrusions de soldats israéliens dans les maisons palestiniennes en Cisjordanie occupée. Plus de 200 intrusions par mois selon l’ONU. En plus de constituer de graves violations des droits humains, elles ont des effets dévastateurs sur la santé mentale des victimes. (Plateforme des ONG française pour la Palestine)

3 mars : Dénonçant une « annexion de facto » de la Cisjordanie par Israël, plus de 400 parlementaires européens appellent, lundi 1er mars, leurs pays à profiter de l’arrivée de Joe Biden à Washington pour se mobiliser contre la colonisation des Territoires palestiniens occupés. (France Info / AFP)

Le fonds de pension national de la Nouvelle-Zélande a exclu cinq banques israéliennes de son portefeuille en raison de leur rôle dans le financement des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. (The Electronic Intifada)


4 mars : La procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI), Fatou Bensouda a confirmé, mercredi 3 mars, l’ouverture d’une enquête pour les crimes commis, depuis juin 2014, dans les territoires palestiniens occupés. L’enquête doit porter sur les crimes présumés commis durant la guerre de l’été 2014 dans la bande de Gaza, tant par l’armée israélienne, que par le Hamas ; sur la répression des manifestations de la « marche du retour » de 2018, aux frontières de Gaza ; sur la colonisation des territoires palestiniens occupés, en particulier sur le « transfert de civils israéliens en Cisjordanie ». Israël qui n’a pas adhéré à la CPI, dénonce une décision issue d’une Cour « biaisée ». (Le Monde)
Dans une tribune publiée par Middle East Eye, Joseph Massad, professeur du monde arabe moderne à Columbia University, New York, soulève un point crucial concernant la recherche « d’unité nationale » entre le Fatah et le Hamas réactivée à l’occasion des futures élections. Sa vision se résume en une phrase : « Alors que l’Autorité palestinienne n’a pas freiné sa collaboration avec l’occupation israélienne, toute forme d’ »unité nationale » ne serait rien d’autre qu’une unité en collaboration avec les occupants ». (Middle East Eye)
Acharnement – Pour la sixième fois, Israël rase la maison de Khatham Abu Riala, un Palestinien handicapé habitant le quartier d’Isawiyah, à Jérusalem-Est. (Gideon Levy Haaretz)

5 mars : La Maison-Blanche a déclaré sa « ferme opposition » à l’ouverture d’une enquête de la procureure de la Cour pénale internationale sur « la situation en Palestine », les Etats Unis montrant par-là, leur refus d’une justice Internationale et leur soutien indéfectible à Israël. (La Croix)

6 mars: L’organisation caritative War on Want révèle dans un nouveau rapport que l’occupation militaire israélienne s’appuie sur un système judiciaire militaire violant le droit international. Un système profondément discriminatoire ; depuis 1967, par exemple, Israël a déclaré illégales plus de 411 organisations palestiniennes, dont tous les principaux partis politiques palestiniens. (The Guardian)

8 mars : La police israélienne a dispersé un évènement pour la Journée de la Femme à Jérusalem-Est, déclarant que l’exposition de vêtements et d’objets artisanaux au centre pour femmes A-Tur Women était lié à l’Autorité palestinienne et donc « illégal ». (The Times of Israël)

10 mars: L’actuel chef du Hamas pour la bande de Gaza, Yahya Sinouar, a été reconduit mercredi 10 mars dans ses fonctions à l’issue d’élections interne au mouvement. Cinq membres du mouvement étaient candidats pour ce poste. (Ouest France/AFP)

11 mars : Le Premier ministre tchèque, Andres Babis, ouvre une « mission diplomatique à part entière » à Jérusalem. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, remercie Prague pour avoir conduit le changement d’approche européenne envers Israël. (The Times of Israël)

12 mars : La Jordanie refuse le survol de son territoire à Benjamin Netanyahu pour se rendre en visite officielle aux Émirats arabes unis jeudi. Le voyage a dû être repoussé à une date ultérieure. Les agissements du Premier ministre israélien exaspèrent les officiels jordaniens qui semblent l’accuser de mettre la région en danger pour des raisons politiques, et insinuent qu’Israël a violé des accords passés
avec eux. (The Times of Israël)

14 mars : Titré « Israël-Palestine : l’enquête nécessaire de la Cour pénale internationale » l’éditorial du Monde rappelle que le système judiciaire israélien dénie aux Palestiniens toute capacité à obtenir réparation, toutes les voies explorées pour défendre leurs droits ayant fini en impasses. La saisine de la CPI est donc l’ultime planche de salut pour les Palestiniens et un test de crédibilité pour les capitales
occidentales qui prétende défendre le droit international. (Le Monde)
Douze membres du Congrès américain qui se définissent « comme défenseurs des droits de l’homme du peuple palestinien » ont appelé hier l’administration du président Joe Biden à s’opposer à l’annexion par Israël des terres palestiniennes occupées, à condamner la démolition des maisons palestiniennes et à annuler officiellement le plan de paix de son prédécesseur. (Palestine Chronicle)

15 mars : B’Tselem constate que les actes de violence commis par des colons contre des Palestiniens de Cisjordanie sont devenus la routine. L’État soutient les milices de colons armés, les laissant attaquer les Palestiniens sans les déranger, cela sert ses objectifs : empêcher les Palestiniens d’accéder à leurs propres terres et faciliter ainsi leur prise de contrôle. (Communication de B’Tselem)

Olivia Zemor, la directrice de publication du site Europalestine est assignée ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon par l’entreprise pharmaceutique israélienne Teva pour avoir relayé un appel au boycott de ses produits lancé dans cette ville par des militants de la cause palestinienne. L’action s’inscrivait dans le mouvement BDS (« Boycott, Désinvestissement et Sanctions »), une campagne visant à obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation israélienne des Territoires palestiniens (AFP/Le Progrès)

16 mars : A l’appel de l’ensemble des organisations de soutien au peuple palestinien, dont l’AFPS, rassemblement devant le Palais de justice de Lyon pour soutenir Olivia Zemor assignée à comparaitre par l’entreprise israélienne Teva. Après l’intervention d’Olivia Zemor, plusieurs prises de parole devant une bonne centaine de manifestants. Délibéré du jugement le 18 mai 2021. (AFPS Lyon)

Israël met en branle sa diplomatie contre la CPI. Le président israélien Reuven Rivlin et le chef d’Etat-major Aviv Kohavi se sont envolés ce mardi pour l’Europe où ils rencontreront les présidents allemand, autrichien et français. Au programme, échanges sur les questions de sécurité, le nucléaire iranien et la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête pour crime de guerre contre Israël
et les groupes palestiniens. (The Times of Israël)

17 mars : Informé de la gravité de la situation une délégation diplomatique se rend dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem après que les tribunaux d’occupation ont approuvé l’expulsion de 7 familles du quartier au profit des colons. Le tribunal leur a donné jusqu’au début du mois de mai pour procéder à l’évacuation. (Ma’an News Agency)

20 mars : Suite à la rupture de la Liste unifiée, les partis arabes d’Israël (Balad, Hadash, Ta’al, Liste arabe unifiée) se préparent à un scrutin marqué par les divisions et la concurrence des partis sionistes qui cherchent à capter une partie de l’électorat arabe. Le parti de Abbas Mansour, Raam, (islamiste conservateur) fait bande à part, envisageant même de s’associer au Premier ministre Netanyahu. Les désaccords des partis arabes israéliens sont l’extension naturelle des divisions d’une communauté arabe qui ne partage ni les mêmes valeurs ni les mêmes projets de société – d’un côté une vision modernisme de l’autre un repli sur des valeurs islamiques. (L’Orient Le Jour)

22 mars : Les quelques 300 000 Palestiniens de Jérusalem-Est, annexé en 1967, ont un statut à part : ils sont considérés par Israël comme des résidents, mais pas comme des citoyens à part entière. Bien que payant leurs impôts en Israël, ils ne pourront pas voter aux législatives israéliennes le 23 mars. Sans citoyenneté réelle, des centaines de Palestiniens de Jérusalem-Est ont commencé ces dernières années à
briser un tabou en demandant la nationalité israélienne. (AFP/The Times of Israël)

Dans Ouest France, propos acerbes d’Avrahan Burg sur la gauche israélienne « il n’y a jamais vraiment eu de gauche en Israël »… « beaucoup, dans notre camp, ne veulent la paix avec les Palestiniens que pour s’en débarrasser et sauvegarder la pureté juive d’Israël, pas vraiment un idéal de gauche… ». (Ouest France)

23 mars : Lundi soir, le conseil municipal de Strasbourg a voté contre une résolution proposant d’adopter la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).
Définition qui donne comme exemple d’antisémitisme plusieurs formulations critiques de l’Etat d’Israël.
La décision a aussitôt été dénoncée par l’ambassade d’Israël en France et Haïm Korsia, grand rabbin de France. (The Times of Israël)

25 mars : Elections législatives israéliennes, synthèse : Le scrutin confirme la domination du Likoud sur la vie politique nationale, souligne la difficulté des partis de l’opposition à s’imposer, consacre le succès grandissant de l’extrême droite1 et la volatilité de la représentation arabe. (L’Orient Le Jour)

Les résultats des élections du 23 mars en Israël sont sans appel : au moins 65 députés sur les 120 que comptent la Knesset sont favorables à l’annexion de terres palestiniennes en Cisjordanie. Au moins 97 se prononcent pour la poursuite de la colonisation… donc opposés à l’application du droit international. Les diplomaties françaises et européennes doivent constater cet état de fait : sans des sanctions et une réelle pression internationale, le prochain gouvernement israélien continuera à agir impunément au détriment du droit international. (Communiqué de l’AFPS)

28 mars : Plus de 200 chercheurs internationaux publient la « Déclaration de Jérusalem sur l’Antisémitisme » (JDA) dans laquelle ils affirment que boycotter Israël n’est pas antisémite. La « Déclaration de Jérusalem » a été motivée par les objections à la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), « Définition peu claire à certains égards… elle a semé la confusion et généré la controverse, affaiblissant ainsi la lutte contre l’antisémitisme » indique la déclaration les chercheurs. (The Times of Israël)

Vote le 24 mars au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies d’une résolution intitulée « Situation des droits de l’homme dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et obligation de garantir les principes de responsabilité et de justice ». Cette résolution engage Israël, puissance occupante, à respecter immédiatement les obligations qui lui incombent au regard du droit international à l’égard de la population occupée et à garantir l’accès aux vaccins contre la maladie à coronavirus (COVID-19) dans le Territoire palestinien occupé. (Communiqué de l’AFPS)

28/29 mars : « Of Land and Bread », film coup de poing coordonné par Ehab Tarabieh, est présenté lors de la huitième Rencontres internationales de cinéma, axées sur le monde arabe. Le film rassemble des scènes filmées par des Palestiniens de Cisjordanie auxquels l’ONG israélienne B’Tselem a confié des caméras. Dans l’une d’elle, un homme, cultivant un modeste lopin de terre, voit débouler un colon, lequel
revendique la moitié de son lopin en lui expliquant qu’il n’est pas chez lui, qu’il cultive la terre d’Israël…
Suivent de nombreuses autres scènes où se répètent le désir d’humilier, d’avilir. (Page culture du Monde)

31 mars : Elections en Palestine : Marwan Barghouti, prisonnier politique palestinien et dirigeant vétéran du parti Fatah, annonce une liste indépendante pour les élections. Sa décision survient après que le Comité central du parti Fatah, dont il est membre, ait apparemment été incapable d’arriver à un accord avec le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, sur une sélection de candidats. (Middle
East Eye)

Groupe de travail communication/médias – AFPS Lyon